Généralités

La vallée du Boisseau, de Vinon au moulin de Récy.
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La commune de Vinon est située au centre du canton ; elle est traversée d’ouest en est par la vallée du Boisseau que dominent, au nord, la colline des Garennes et, au sud, les bois de Gardefort.
Vaste territoire accidenté de 1801 ha, la commune de Vinon se partage entre terres limoneuses et calcaires convenant aux cultures céréalières, plateau argileux réservé aux cultures fourragères et aux prairies, et terres de coteaux, domaine de la vigne et des bois, couvrant encore un tiers de la superficie totale
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Notes d’histoire...

Malgré la proximité de la voie romaine Bourges-Sancerre à l’extrême ouest de la commune, les traces d'occupation gallo-romaine sont ténues. En revanche, une nécropole mérovingienne est attestée aux abords du bourg.
Au Moyen Age, la population de Vinon est relativement peu dense, l'étendue des bois en limitant l'implantation. On dénombre cependant plusieurs fiefs comme Bannon, Vaufreland, Récy et Vinon dont la seigneurie sera rattachée dès le 14e siècle à celle de Buranlure, sur la paroisse de Boulleret. Au fléau de la peste et de la lèpre au 14e siècle succèdent les exactions des troupes bourguignonnes de Perrinet-Gressart au 2e quart du 15e siècle.
Après l'incontestable embellie au lendemain de la guerre de Cent ans, les guerres de religion, violentes en Sancerrois, mettent à mal ce territoire (l'église de Vinon, dépendance de l'abbaye de Saint-Satur, est ruinée par les protestants dans les années 1562-1568).
Au 17e siècle, d'après le plan du comté de Sancerre dont dépendait la paroisse, les lieux-dits habités se concentrent dans la vallée du Boisseau, (exception faite de Bannon, situé à flanc de coteau ).
Le revenu des paysans, tiré du travail de la terre, de la vigne (attestée depuis le 12e siècle et dont le vin est jugé de qualité) et de l’élevage des moutons, est faible. Il baisse encore avec la crise économique endémique du 18e siècle. Les mauvaises conditions de vie des paysans expliquent donc l'instabilité du peuplement jusqu'en 1840.

Ce plan, a été dessiné par Nicolas Lallemant, dans les années 1670, pour le prince de Condé, comte de Sancerre.

L’habitat peu nombreux est regroupé sur cinq hameaux dont celui de Bannon, plus peuplé que le village de Vinon.

Ci-contre,
extrait du plan du comté de Sancerre, conservé au château de Chantilly.
De nouveaux lieux-dits apparaissent et les trois moulins indiqués : moulin du Bourg, moulin du Bois et moulin de Récy évoquent l'importante activité de la meunerie sur le cours régulier du Boisseau.

La terminologie est légèrement différente : le moulin d’Arcy correspond au moulin de Récy et la Métairie d’Enverrie est l’ancien nom de Véry…

Extrait de la Carte de Cassini,
datée du milieu du 18e siècle
Pourtant l’exploitation forestière tient une place non négligeable dans l’économie de Vinon. En 1791, la délimitation du territoire communal est l'objet d’âpres discussions avec les communes de Gardefort et de Feux sur le partage des bois, source évidente de revenus pour les communes. Au 19e siècle, plus du tiers de la surface cultivée est occupée par les bois.

En 1891, l’afflux d’ouvriers employés à la construction de la ligne de chemin de fer Bourges – Cosne-sur-Loire provoque une embellie démographique record sur la commune, qui atteindra les 1010 habitants. Quelques années plus tard, la crise viticole entraîne le départ de plus de 300 personnes, essentiellement pour Paris. Cet exode a été facilité par l’ouverture en 1893 de la nouvelle liaison ferroviaire dont la gare la plus proche est à la limite des communes de Vinon et de Bué.

La vigne qui occupait environ 10% des terres cultivées au 19e siècle, disparaît presque totalement.

Le découpage particulièrement atypique des frontières communales en 1791 est le résultat du partage de l'exploitation des bois avec les communes voisines.

Carte d’Etat- major de 1847
Il faudra attendre les années 1970 et les programmes de réaménagement foncier (remembrement et nouvelles plantations de vignes) pour amorcer la reprise de l’économie rurale de la commune. Outre la viticulture, actuellement une centaine d’hectares en AOC, l’activité rurale est partagée entre les cultures céréalières et oléagineuses et l’exploitation forestière qui représente presque 30% de la surface cultivée. La population active n’est plus exclusivement agricole, elle est tournée aujourd’hui vers les pôles d’activités des villes plus importantes.

La commune de Vinon reste une des communes du canton de Sancerre les moins peuplées ; en un siècle elle a perdu environ deux tiers de ses habitants pour atteindre le chiffre de 280 en 1999. L’implantation de lotissements à la périphérie du bourg dès les années 1970 renouvellera et stabilisera la population du village.

L’habitat date en majorité de la seconde moitié du 19e siècle et du 20e siècle. Pourtant les vestiges d’une architecture plus ancienne, du 15e au 18e siècle, sont encore bien représentés : le château et l’église du bourg, la grange aux dîmes de Bannon, et la grange du domaine de Récy.

L'ancienneté de l'implantation de l'habitat est à souligner, Récy en particulier est attesté depuis 1200, ainsi que les deux fermes du Petit et Grand Villeret, situées à flanc de colline.

Chronologie de l'implantation de l'habitat
(d'après les premières mentions d'archives et les sources cartographiques consultées)
zoom
Le village de Bannon, traditionnellement viticole, entouré de vignes nouvelles, est idéalement exposé au sud sur la colline du Bois des Garennes.

Au sud du village, la ligne boisée marque le passage de la voie ferrée qui assurait la liaison Bourges – Cosne-sur-loire...

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Sur la commune de Vinon

• 63 Edifices repérés

• 11 Edifices ou ensembles bâtis sélectionnés

• 6 Objets mobiliers religieux sélectionnés

Aucune protection au titre des Monuments Historiques